Biodiversité des adventices pollinisateurs

La majorité des plantes adventices sont annuelles et autogames et ne dépendent donc pas des insectes pollinisateurs pour leur reproduction. Cependant, concernant les plantes adventices rares (messicoles), la majorité est pollinisée par les insectes (abeilles sauvages ou domestiques, bourdons, mouches, papillons).

Une étude, menée en Allemagne par D. Gabriel et T. Tscharntke de l'Université de Göttingen, a permis de comparer 20 parcelles de blé cultivées en bio et 20 autres en conventionnel.

Les parcelles de blé cultivées en bio ont donc un pool d'espèces plus important (en moyenne 6 dans le centre des parcelles bio contre 2 dans les parcelles en conventionnel) et un taux d'occupation (mesuré fin mai) des espèces entomophiles 10 fois supérieur aux champs conventionnels (3 % contre 0,3 %).

L'absence d'utilisation de pesticides est certainement une raison de cette forte présence de plantes favorables aux insectes dans les champs cultivés en bio. D'autres recherches ont d'ailleurs montré que la densité d'abeilles était 7 fois plus importante dans les parcelles de blé bio. Cette étude a aussi montré l'intérêt des bordures de champs qui contiennent, aussi bien en bio qu'en conventionnel, beaucoup d'espèces d'adventices et constituent donc des zones refuges pour les pollinisateurs.

L'étude menée par le CNRS de Chizé dans la plaine et le Val de Sèvre en Poitou Charentes sur 465 parcelles de blé confirme les résultats précédents. Les parcelles de blé cultivées en bio contiennent 50 % d'espèces en plus.

Au total, 175 espèces ont été détectées, dont seulement 28 communes (présentes dans au moins 25 % des parcelles) et 104 peu fréquentes (présentes dans seulement 5 % des parcelles).

Les champs de blé bio hébergent plus de plantes entomophiles, plus d'espèces menacées ou rares et peu d'espèces nitrophiles comparés aux champs conventionnels.

La troisième étude menée par l'Université de Barcelone en Catalogne vient confirmer le fort déclin des adventices du fait de l'intensification des pratiques agricoles et particulièrement des plantes rares, des plantes messicoles et des plantes entomophiles. Mais ce déclin est beaucoup moins important dans les parcelles en agriculture biologique.

Cette évolution conduit à la réduction du service de pollinisation et de lutte biologique (moindre ressource en nectar notamment), mais aussi impacte les espèces d'oiseaux qui profitent des graines d'adventices.

Plus d'informations : http://www.osez-agroecologie.org/des-champs-de-cereales-bio-plus-riches-en-adventices-pour-plus-de-pollinisateurs-168-actu-61

7 février 2017