Chauffage des serres en bio

L’année 2018 est une année record en conversions bio, une dynamique qui s’explique notamment par la confiance des consommateurs dans le label.

Pour maintenir cette confiance et protéger le label bio des dérives industrielles, la FNAB, Greenpeace, la Fondation Nicolas Hulot et le Réseau Action Climat ont lancé une mobilisation contre la production de fruits et légumes bio hors saison. Déjà 40 000 personnes avaient signé, le 5 juin, cette pétition « Pas de tomates bio en hiver » demandant au ministre de l’Agriculture de se prononcer en faveur d’un encadrement strict du chauffage pour les serres bio. La plateforme commerce équitable France, WECF, Bioconsom’Acteurs, Justice Pesticides, la Communauté Ecotable et Bon pour le climat ont rejoint le mouvement.

Cependant, pour Felcoop, Légumes de France, Chambres d’agriculture France, Coop de France et la FNSEA, le chauffage des serres est une technique culturale conforme aux règles de production bio, qui est pratiquée librement dans les autres Etats membres de l’UE. Certains producteurs y ont recours (cela concerne 0,2% des surfaces en légumes bio en France en 2017) tout en respectant le cycle naturel des cultures. Selon eux, une interdiction ouvrirait encore plus la porte aux importations. Ils proposent d'encadrer le chauffage tout en respectant la saisonnalité.

A l’opposé, Jean-Paul Gabillard, secrétaire national Légumes à la FNAB, déclare : « Produire des tomates à partir d’avril à plein régime, ça veut dire chauffer les serres à 20 degrés en janvier, février et mars. Même avec des énergies renouvelables, ça n’est pas un usage "raisonnable" de l’énergie comme le label bio l’exige ».

Source(s) : Communiqué FNAB du 5 juin 2019 ; Communiqué Chambres d'Agriculture France - APCA du 29 mai 2019