Deux études sur les dégâts des néonicotinoïdes sur les abeilles

Deux études, l’une britannique, l’autre canadienne, publiées vendredi 30 juin par la revue Science, traitent des dégâts occasionnés par les néonicotinoïdes qui sont suspectés de longue date d’être une cause déterminante dans le déclin mondial des abeilles domestiques, des pollinisateurs sauvages et, indirectement, des oiseaux.

Les deux nouvelles études montrent une survie réduite des butineuses, une fertilité diminuée et une mortalité hivernale augmentée des colonies d’abeilles domestiques exposées en conditions réelles à deux néonicotinoïdes, le thiaméthoxame et la clothianidine. Les observations menées sur les pollinisateurs sauvages montrent des effets délétères plus marqués.

La première expérience, conduite par Ben Woodcock (Centre for Ecology and Hydrology), a été menée sur onze sites différents, répartis dans trois pays – Allemagne, Royaume-Uni et Hongrie. Et sur chaque site, trois exploitations agricoles ont mis en culture du colza : deux exploitations avaient traité leur culture avec un néonicotinoïde (clothianidine ou thiaméthoxame), et une exploitation témoin n’en avait pas utilisé. Plusieurs dizaines d’hectares ont ainsi été mobilisés.

L’impact des traitements à base de néonicotinoïdes est globalement négatif, mais varie en fonction des espèces et des régions.

Pour les pollinisateurs sauvages, la situation est sans appel : dans toutes les situations, les bourdons produisent moins de reines, et les abeilles solitaires produisent moins de larves lorsque l’exposition aux néonicotinoïdes est élevée.

La seconde étude publiée par Science a été conduite dans deux régions de maïsiculture canadiennes. Les auteurs ont trouvé un cocktail de vingt-six pesticides, dont quatre néonicotinoïdes, dans les colonies proches ou éloignées des champs.

Plus d'informations : http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/06/29/deux-etudes-a-grande-echelle-confirment-les-degats-des-neonicotinoides-sur-les-abeilles_5153318_3244.html

29 juin 2017