La FNAB et le SYNABIO contre les serres chauffées en bio

Le Comité National de l'Agriculture Biologique (CNAB) devait se prononcer, le 3 avril, sur l’interdiction du chauffage des serres pour la production de fruits et légumes bio hors saison. La FNAB et le SYNABIO, informés de projets de conversion bio en serres chauffées en Bretagne et en Pays de la Loire, ont demandé, dès juin 2018, une interdiction formelle de cette pratique. Mais, pour la deuxième fois consécutive, le vote a été reporté, à juillet 2019 cette fois.

Le cahier des charges bio impose le « respect des cycles naturels » et une « utilisation responsable de l’énergie ». Or, selon l’étude FoodGES de l’ADEME, une tomate produite en France sous serre chauffée est responsable de 4 fois plus de gaz à effet de serre qu’une tomate importée d’Espagne et 8 fois plus qu’une tomate produite en France en saison.

« Plus la décision d’interdiction est reportée, plus de nouveaux projets sortent de terre et plus ça sera difficile de revenir en arrière, il faut agir maintenant », explique Jean-Marc Lévêque, président du SYNABIO.

Certains acteurs économiques espèrent profiter de la forte demande en fruits et légumes bio sans changer leur modèle. Pourtant, le chauffage des serres implique une spécialisation des cultures incompatible avec la démarche agronomique défendue par le modèle biologique.

La FNAB et le SYNABIO demandent un moratoire sur les nouveaux projets de construction de serres chauffées en bio jusqu’à ce qu’une décision soit prise en CNAB.

Source(s) : Communiqué de presse FNAB, SYNABIO
4 avril 2019