Des résidus de néonicotinoïdes persistent et menacent les abeilles

Des chercheurs du CNRS, de l’Inra et de l’Institut de l’abeille ont publié, le 27 novembre, les résultats d’une étude qui prouve que, malgré le moratoire de l’Union européenne sur les pesticides néonicotinoïdes, des résidus persistent.

« Trois années sur cinq, jusqu’à 12 % des parcelles présentaient une contamination pouvant entraîner la mort de 50 % des abeilles et bourdons les visitant », conclut cette étude sur 291 parcelles de colza d’hiver entre 2014 et 2018.

En 2013, un moratoire de l’Union européenne a imposé des restrictions à l’usage de trois pesticides néonicotinoïdes : la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame. « Moratoire complété depuis septembre 2018 par une interdiction totale sur toutes les cultures extérieures en France », ajoutent les chercheurs. Ces derniers viennent de prouver que malgré tout, des résidus de ces pesticides restent détectables dans le nectar de colza de 48 % des parcelles étudiées, mettant en danger la survie des abeilles et bourdons. « L’imidaclopride en particulier a été détecté chaque année (entre 2014 et 2018), au total dans 43 % des échantillons analysés (48 % des parcelles), sans tendance à la baisse au cours des années mais avec une forte variation inter-annuelle », précisent le CNRS, l’Inra et l’Itsap. Les niveaux de résidus retrouvés dépendent du sol et augmentent avec les précipitations « mais ne semblent pas directement liés à la proximité spatiale ou temporelle de cultures potentiellement traitées », précisent les résultats de l’étude.

Pour les scientifiques, ces résultats « confortent l’idée que les résidus d’imidaclopride persistent et se diffusent dans l’environnement, pouvant se retrouver dans le nectar du colza, bien que cette culture ne soit elle-même plus traitée par ces produits depuis 2013 ».

27 novembre 2019