Ruminants bio dans le Massif Central : Alerte sur les baisses de productivité
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Auteur : RIPOCHE Frédéric
Revue : BIOFIL ( ), N° 132 | p. 55-56
Editeur : EDITIONS FITAMANT
Dans le cadre du collectif BioRéférences, une étude globale a été menée sur les performances technico-économiques de 58 fermes bio du Massif Central (16 en bovins lait, 13 en bovins viande, 11 en ovins lait, 10 en ovins viande et 8 en caprins lait), suivies de 2014 à 2018. Ces fermes peuvent être classées selon 3 catégories : les fermes herbagères de taille moyenne, spécialisées et avec une forte autonomie fourragère ; les fermes de plus petite taille, relativement intensives à l’hectare, avec un chargement élevé et beaucoup d’intrants ; les fermes de plus grande taille, en polyculture-élevage, avec une forte productivité du travail et globalement autonomes au niveau alimentaire avec l’utilisation de céréales auto-produites. Si ces exploitations présentent une efficience technico-économique globalement bonne, avec « une valeur ajoutée de 620 euros/ha et une très bonne stabilité de la productivité animale », on note, sur la période étudiée, une hausse des charges totales (+23 %) plus rapide que le produit brut (+ 13 %), d’où un revenu disponible en baisse de 25 %. Ceci est à mettre en relation avec un agrandissement observé des systèmes (SAU moyenne passant de 90 à 97 hectares, avec une hausse des UGB totaux de 76 à 82). Or, ceci s’accompagne automatiquement d’une hausse des charges fixes à l’hectare, via notamment plus de frais de mécanisation. L’achat d’intrants augmente aussi, notamment l'achat d'aliments, en lien avec les sécheresses (à noter que les systèmes en polyculture élevage s’en sortent mieux). Au vu de ces résultats, des réflexions ne devraient-elles pas être engagées sur les stratégies d’agrandissement de ces fermes et les adaptations au changement climatique ?