Lapins bio : La nouvelle réglementation suscite des inquiétudes
1,45 €
Auteur : FOUCHER Françoise
Revue : BIOFIL ( ), N° 132 | p. 51-54
Editeur : EDITIONS FITAMANT
Les éleveurs de lapins biologiques français s’interrogent sur les impacts du nouveau cahier des charges bio européen sur leur filière. Parmi les principales évolutions par rapport au cahier des charges français (CCF) jusqu’alors en vigueur : i) la taille de l’élevage n’est plus limitée ; ii) quelques changements minimes en matière de densité des animaux en intérieur, mais réduction importante en extérieur (ex. : au moins 2.5 m² pour une lapine avec lapereaux, contre 5 m² dans le CCF) ; iii) un minimum de 70 % d'aliments bio et en conversion provenant de la ferme ou à défaut de la région (soit le territoire national), contre 50 % jusqu’alors ; iv) pour le logement, les abris mobiles sur prairies à pâturer et les bâtiments fixes avec parcours extérieur végétal sont les seuls autorisés (le semi-plein air n’est donc plus possible) ; v) en systèmes d’abris mobiles, l’obligation de déplacer les abris chaque jour pour renouveler l’offre de pâturage disparaît ; vi) tous les logements devront rendre possible la position debout du lapin, oreilles dressées. Nombre de ces mesures, semblant contradictoires parfois, posent question : comment, en réduisant la surface par animal en extérieur, assurer un pâturage suffisant, compatible avec l’objectif exigé de 60 % d’aliments grossiers, et limiter le parasitisme ? L’évolution des conditions de logement comme l’augmentation de la hauteur semble peu conforme avec l’éthologie de l’animal qui recherche plutôt des abris pour se tapir. De plus, la mise aux normes de ces mêmes logements, qui vont devenir plus lourds à déplacer, va demander des frais importants, à la charge des éleveurs, sans parler du fait que maintenir ces abris à bonne température et hors courant d’air sera plus difficile. Autant d’éléments qui poussent les éleveurs biologiques français à s’interroger sur l’avenir de leur filière émergente. Une enquête le montre : le nouveau règlement amène nombre d’entre eux ou en passe de le devenir à s’interroger sur leur volonté de travailler sous l’agrément bio.