Monotraite en vaches laitières : "A tester sur de courtes périodes, et faire ses calculs" ; Marc Dumas, dans la Loire : Monotraite sur la fin de lactation ; Frédéric Chopin, en Ille-et-Vilaine : Réduire au maximum le temps de traite
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Auteur : RIPOCHE Frédéric
Revue : BIOFIL ( ), N° 133 | p. 54-60
Editeur : EDITIONS FITAMANT
La monotraite peut offrir des avantages : réduction de l’astreinte, plus de temps libre, gestion des volumes produits. C’est une pratique encore rare, même si elle se développe. Diverses situations sont envisagables : la monotraite sur un jour (ex. le dimanche), sur une courte période (mais sur au moins sur 3 semaines), ou encore toute l’année, ce dernier cas concernant essentiellement des éleveurs bio, plutôt en système économe. La vache s’adapte et, avec une bonne surveillance des taux cellulaires, qui augmentent systématiquement sur les 2 à 3 semaines qui suivent le début de la monotraite, cette pratique peut facilement être mise en place. Le choix est avant tout d’ordre organisationnel et économique : il existe toujours une baisse de la production (ex. entre 5 et 15% pour une monotraite ponctuelle de 3 à 10 semaines), qui n'est que partiellement compensée par l’augmentation des taux du lait. Deux agriculteurs témoignent sur leurs pratiques. Marc Dumas, dans la Loire, avec des vêlages groupés d’automne, a mis en place la monotraite au printemps, à partir d’avril, en laissant alors les vaches au pré la nuit. Ainsi, le pic de lactation, avec traite biquotidienne, se fait en hiver, période où les prix du lait sont les plus élevés. En été, la baisse de production se fait à une période où, à la fois, les prix sont plus bas, la charge de travail à l’extérieur plus élevée et la pousse de l’herbe moins importante, avec les sécheresses de plus en plus fréquentes. Frédéric Chopin, en monotraite toute l’année, en Ille-et-Vilaine, a adopté cette pratique en 2016 à cause du poids de l’astreinte. Ce changement a été rapide et sans incidence, notamment au niveau du revenu, grâce à un système très optimisé. Aujourd’hui, il veut investir dans une nouvelle salle de traite pour réduire encore le temps de traite et, peut-être mettra-t-il un jour en œuvre son projet de ne plus traire l’hiver, grâce à des vêlages groupés de printemps.